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vendredi 21 mars 2014

En formation [Partie 3] Suite et presque fin

La vie est pleine de belles rencontres...

Après la formation sur Paris, j'ai eu la chance de pouvoir enfin mettre les pieds au centre Informa de Roubaix. Quelle joie de trouver mon nom sur une table de travail que j'allais squatter plus longtemps que prévu... 
J'avais pu intégrer un module en retouche, grosse concession après maintes réflexions et une plus grande clairvoyance par rapport à mon projet. Il était clair que les remarques du genre "Ah oui, tu veux créer et fabriquer une gamme de produits... Mais comment comptes-tu gagner ta vie??" n'étaient pas entièrement dénuées de sens.
Vivre de la création est très difficile et les créatrices mènent une véritable bataille quotidienne pour gagner en visibilité et gagner leur vie tout court. En gros, le travail de communication est aussi important que celui de la création.
Aussi, deux ans pour tout apprendre, ce n'est pas assez!

Donc j'ai fait trois pas en arrière, ou plutôt deux sur le côté! J'ai mis mon projet "création et fabrication" pour plus tard et commençais à me former en travaux de retouche.
Tout le monde a besoin un jour ou l'autre d'une couturière pour faire un ourlet de pantalon, adapter des rideaux, recycler des vieilles fringues... Bref, le potentiel est bien présent car malheureusement (ou plutôt heureusement pour ma génération), la population des couturières est vieillissante et très rarement remplacée. Pourquoi? Parce que c'est tellement "mieux" pour les élèves (et leurs parents!) de favoriser un parcours classique à un CAP où on va généralement placer les mauvais élèves... En même temps, me concernant en 3ème ou même en Terminale à la question "Qu'est-ce que tu veux faire plus tard?" la réponse était juste un énorme point d'interrogation... Donc choisir un parcours professionnalisant jeune n'est vraiment pas évident!
Dans tous les cas, pour beaucoup de secteurs d'activité le résultat est le même : on manque de main d’œuvre! Mais à part ça les jeunes sont trop diplômés??
Passons.

Donc à Roubaix, c'était un tout autre rythme, beaucoup plus intensif et dense, bref, la panacée!
J'ai fait des rencontres EXCEPTIONNELLES! J'ai croisé sur ma route des femmes formidables, et surtout UNE qui restera pour moi et pour toutes celles qui ont suivi la même formation que moi, notre maman de la couture : Laurence. Sa prestance, sa patience et surtout ses doigts de fées. Si mon parcours ne doit se résumer qu'à une personne, c'est Laurence! En plus d'être une super formatrice, elle sait ramasser à la petite cuillère les grands cas désespérés (bah oui on est pas toujours au top...). Elle a défendu mon dossier pour que je puisse enchaîner une deuxième formation en montage, elle a été la main sur mon épaule et la petite voix qui croyait à fond en mon projet. Et ça, ça n'a pas de prix!
Ajoutez une brochette de camarades d'atelier pleines de créativité et d'originalité, un stage génial chez Rock Is Passion (je vous ferai un article spécial RIP très bientôt!) et un autre court mais super sympa au Bar à couture de Lille. Résultat : 2013 a été une très belle année couture!

Au passage, je vous ai mis en lien les blogs des copines ou les sites des ateliers où j'ai pu mettre la main à la pâte. Vous verrez que parmi ces étoiles filantes, il y en a pas mal de montantes!



vendredi 28 février 2014

En formation [Partie 2]

Donc à une semaine de mon mariage j'étais plus ou moins sereine, la rentrée de Roubaix allait se faire le lundi dans la foulée, j'étais super impatiente!

MAIS.....


Là, je n'étais plus sereine du tout, saleté de quiproquo!
Je décidais alors immédiatement d'élargir mon champ de recherche et de postuler dans toute la France. Vite des CV, vite vite des lettres de motivation et des coups de fils à tire-larigot...
Ayant l'angoisse des moments creux dans mon CV, je demandais des nouvelles conventions pour retourner au plus vite en stage en retouche, là où j'apprenais déjà tellement de choses!

MAIS....


L'entretien téléphonique fait, c'était validé! Quelle chance j'ai eue! Merci à celle qui s'est désistée! Mais My God! J'allais passer trois mois à Paris, moi qui déteste tant cette folie urbaine!!! Pas trop le temps de réfléchir, ni d'hésiter, il me fallait trouver un stage au plus vite, un logement, abonnement de train, de RER, en un peu plus de 48 heures. J'ai aussi eu la chance d'être accueillie par ma tante qui habite en banlieue parisienne, et ça, ça m'a beaucoup aidé.
Le dimanche je quittais mon mari tout neuf et Cassel la boule au ventre... C'était parti pour une session metro-boulot-dodo dans notre capitale. 

La formation du Greta se déroulait dans un lycée pro et proposait les bases en couture et en patronage. Mais en un trimestre, on ne fait qu'un survol et c'est assez frustrant.

J'ai très vite trouvé un stage qui restera dans le top 3 de mes expériences professionnelles! C'est l'atelier de Malam qui m'a ouvert ses portes, une créatrice pleine de féérie et d'originalité. Une rencontre exceptionnelle! Allez voir ses créations, elles sont superbes, ou encore ses courts-métrages pour présenter sa collection : Les Poupées Perdues.
J'avoue que je suis sortie de ce stage en me disant "je sais que je ne sais pas" et que tout était encore à faire.


Je garde de très bons souvenirs de cette épopée parisienne. Un stage génial, des formatrices sympas qui fournissaient une bonne ambiance dans notre petit groupe de femmes. J'étais mêlée à d'autres "reconverties", cette fois-ci j'étais la plus jeune, une des seules "provinciales" aussi. Là, les lycéens nous appelaient le groupe des "mamans", c'était assez drôle!
Je rentrais le vendredi soir sur les genoux et passais tout mon weekend à bosser les pièces d'études de la semaine avant de repartir le dimanche après-midi. J'avais pris conscience que j'avais mis la barre vraiment très haut et que c'est tant qu'on a la chance de pouvoir travailler aux côtés de professionnels qu'on doit poser les bonnes questions. Et je souhaitais tout apprendre, assimiler et maîtriser...
La route allait être longue!





mardi 18 février 2014

En formation [Partie 1]


Durant toutes mes prospections, j'avais repéré LA formation qu'il me fallait.
A Roubaix, Informa propose une formation intensive de 8 mois dont le titre fait rêver : Fabricant de Vêtements sur Mesure... 

J'avais réussi les tests en mai (Hourra! vous auriez du voir ma tête quand on m'a accueillie avec une calculatrice!!) et attendais que mon dossier passe en commission pour obtenir le financement de la région. Mais cette commission - qui ne validait qu'une dizaine de dossiers - se déroulait une semaine environ avant la rentrée, donc c'était un peu un pari! "Et si je ne suis pas prise??" Pour ne pas prendre ce risque, je décidais de m'inscrire en parallèle en CAP couture floue dans un lycée pro en attendant le coup de fil libérateur ou fatidique... 

L'équipe pédagogique du lycée était très sympa et m'avait proposée de suivre les deux années en même temps. Je sais que beaucoup de personnes comme moi reprennent le chemin du lycée bien des années après l'avoir quitté, mais comment dire, avec dix ans de plus que la moyenne générale on se sent un peu extraterrestre... 
Allez, je vous fais un petit strip pour vous expliquer : 







Fin septembre, j'appelais Informa pour avoir des nouvelles, et là, on m'annonce que mon dossier est accepté! Youpi tralala! 
Mais en réalité, les surprises et coups de théâtre ne faisaient que commencer...

vendredi 14 février 2014

Premiers pas

Je vais vous parler un peu des grands débuts de ma nouvelle carrière de couturière. Je dis "un peu" parce que mine de rien je me limite beaucoup en papotage!!
Donc début 2012, je venais d'avoir 25 ans et j'ai pu rencontrer une conseillère de la mission locale de Cassel. Celle-ci m'a proposée d'effectuer des stages en entreprise le temps que je trouve une formation. Honnêtement, je ne pouvais intégrer une grande école textile parce que mon objectif était d'acquérir des compétences rapidement sans suivre tout le cursus scolaire classique. Et puis il y aussi un argument financier de poids...
J'ai donc postulé dans différents ateliers pour me faire une meilleur idée du métier. Ainsi j'ai pu multiplier les expériences pour savoir vers quelle formation me diriger.

J'ai souhaité faire un stage en confection industrielle pour observer le travail à la chaîne et prendre en main des machines industrielles. 
J'étais complétement abasourdie les premiers jours, un rythme de folie à tenir! Comment rentabiliser au mieux le temps de travail, économiser les gestes pour gagner en efficacité, maintenir la cadence sous la pression des délais...
Surjeteuse, piqueuse plate, machine à œillets, robot pour les sangles, une machine pour chaque opération.

J'ai rencontré des femmes qui ont connu des fermetures d'usine et qui se sont vu proposer des postes en Pologne à salaire conséquent. Elles me regardaient d'un drôle d’œil sortir mon livre pendant les pauses, se demandant ce qu'une "intellectuelle" (= image de la libraire) venait faire ici avec des mécaniciennes en confection. Pour moi, c'était un autre monde.

L'employé de l'usine qui s'occupait du matelassage (entre autres) m'a proposé de l'accompagner à la filature, dans une entreprise familiale située dans l'Aisne. Moi qui suis facilement impressionnée j'en ai pris plein les yeux! Leur savoir-faire se transmet de génération en génération et demande une technicité formidable.
Il n'y a plus qu'une soixantaine de tisserands qui exercent leur métier de façon artisanale en France. Si vous avez l'occasion de visiter une filature je ne peux que vous le conseiller!


Après cette expérience qui était autant humaine que professionnelle, j'ai retrouvé la chaleur des petits ateliers. Plusieurs en retouche, notamment à Wormhout où j'ai passé beaucoup de temps avec le découd-vite... et aussi dans l'atelier de Phil'broderie à Buysscheure, en marquage textile.

Découdre un peu... beaucoup... à la folie!!!


Toutes ces femmes que j'ai pu observer travailler, de façon passionnée voire parfois militante... 
Tous ces gestes sûrs, toutes ces mains agiles, usées par le travail...
Les grands ateliers, les petits bouts de tables...
Le bruit du tissu qui s'arrache, celui des ciseaux qui courent...
Scriiiitch, clac, clac, clac, viiiiiouuuu...
J'adore travailler en atelier!




mardi 28 janvier 2014

Une grande décision

Au hasard d'un marché je rencontrais une créatrice de sacs en cuir, et au détour de la conversation elle me lança un "et pourquoi tu ne te lancerais pas?". Le pavé était lancé dans la mare (oui l'expression est exagérée mais c'est vraiment l'effet qu'a fait cette réplique dans ma tête), l'idée était jetée et commençait à germer.
Cependant j'aimais mon métier de libraire!
Mais... reprendre des études pour travailler de mes dix doigts, quelle perspective séduisante! 
Quitter un statut de salarié pour m'installer à mon compte?
En aurai-je les épaules? ... 

Laisserais-je filer mon "destin" entre mes doigts ??

Dans mon entourage, les réactions étaient très controversées.
Des remarques très optimistes, enjouées et motivantes aux plus pessimistes, souvent réalistes mais décourageantes : "Fonce, tu vas y arriver !" , "Tu veux devenir... couturière? Je croirais revenir en arrière! De toute façon on achète tout en Chine", "Un métier dans la création c'est pour toi!", "Apprendre un métier artisanal passé 25 ans, il est trop tard pour toi! et puis tu n'as aucun entrepreneur dans ton entourage, tu n'as aucune réalité du métier!"
Mais je suis têtue et quand on me dit que je n'y arriverai pas, et bien je le fais quand même.
A la fin de l'été 2011 je prenais ma décision et annonçais la fin de mon aventure au Marais du Livre pour le 31 décembre... Je vous avoue que je ne savais pas du tout où j'allais et autant le dire comme mon grand-père : "j'avais les chocottes".


mercredi 22 janvier 2014

Tout a commencé....

J'essaie depuis toujours d'offrir des cadeaux faits main plutôt que d'en acheter : j'adore créer toutes sortes de choses et même si bien souvent le résultat relève de l'amateur je trouve cela plus sympa! Aussi, la personne sait qu'elle reçoit plus qu'un cadeau mais tout un temps de création où j'ai pensé à elle, ce qui a nettement plus de valeur à mon sens.


 Perles vernies en argile et acrylique créees pour un cadeau d'anniversaire

Mais concernant la couture, tout a commencé quelques jours avant la naissance de ma nièce en août 2010...

mardi 14 janvier 2014

Salutations!

Ca y est! 
Après des mois de réflexions, d'hésitations et surtout après avoir beaucoup tourné autour du pc (sans vraiment m'y mettre) je vous présente le blog de Gaëlle S ! Vous y découvrirez l'histoire et le quotidien d'une reconvertie aux métiers du fils et la mise en place de ma petite marque "made in Flandres"... 
Merci et bonne visite!